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COMPAGNIE LA POURSUITE ( site de la compagnie)

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30 août 2022

En bref

Compagnie La Poursuite BP 1124 69203 Lyon cedex 01  Tél 09 62 30 43 34  Licence d'entrepreneur de spectacles R/69/0110  Compagnie créée en 1993   Mail : cliquer sur Contacter l'auteur en haut de colonne de gauche.   30 08 22

petite Négresse 4

Nous sommes une compagnie de recherche qui ne s’astreint à aucune périodicité obligatoire de création. Nous travaillons généralement sur des textes qui n’ont jamais été portés au théâtre, qui nous semblent beaux, et qui disent selon nous quelque chose de neuf sur le monde autour de nous. Ces choix nous ont conduits au fil des ans et des créations à parler de la prison, de la torture, de l’esclavage moderne. Nous explorons aussi depuis vingt ans la place de la diaspora africaine et du discours postcolonial  dans notre culture et dans notre vie : « Paroles d’esclaves » : Centre dramatique  national-TJA à Lyon, Artchipel Scène nationale de Guadeloupe, CDR de Martinique, Zénith à  Cayenne, Réunion... « Jazz »  de Toni Morrison : Artchipel Scène nationale de Guadeloupe,  CDR de Martinique, Centre des Arts de Pointe à Pitre … Petite Négresse de l'île Saint-Pierre » : Festival des Écritures d'Alfortville, Festival Images d’Afrique Aubenas, théâtre des Halles à Avignon, Théâtre de la Ville de Fort-de-France...« Ourika de Gorée au pays des Lumières » : Festival Marronnages  de Cayenne… Des Inconnus chez moi, des tirailleurs sénégalais chez Lucie Cousturier Théâtre des Marronniers,  Lyon, Salle Garcin, Lyon, Théâtre de Macouria, Guyane.

Au fil des projets et des années, nous pouvons recevoir l’aide du ministère de la Culture, de la DRAC, de l’Adami, de la Ville de Lyon, du comité du centenaire 14-18...

Pourquoi "La Poursuite" ? D'abord parce qu'à sa création, en 1993, la compagnie "poursuivait" une recherche théâtrale préalable, commencée avec le spectacle "Le Sas".. Et "La Poursuite", aussi, à cause du projecteur du même nom. Voilà pour l'étymologie !

Les titres de tous nos spectacles apparaissent dans la colonne de gauche, dans l'odre chronologique inversé. Il suffit de cliquer ! On les retrouve dans le diaporama, et dans la collection d'affiches

 

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10 octobre 2018

les liens "proches"

9 octobre 2018

Autres liens

24 octobre 2015

L'ALGERIE, LE SOLEIL ET L'OBSCUR

de Madeleine Chaumat, avec le soutien de la compagnie Parlons-en, avec Bernard Gerland et Raymonde Palcy, Mise en espace Claude Défard, Lumière Jean Tartaroli, Regard chorégraphique Audrey Nion, Regard littéraire Georges Chich

pour blog

L’auteur et le texte
Toute jeune, Madeleine Chaumat part travailler en Algérie, comme dactylo sans aucune idée politique. Choquée aussitôt par les injustices coloniales, elle  rencontre les insurgés algériens et accepte de  taper des tracts. Elle est arrêtée au moment de la bataille d'Alger en 1957. Emmenée à la Villa Sesini, le centre secret de l’armée française, elle subit de longues tortures. Elle le raconte par écrit vingt ans après, pour tenter de faire comprendre à ses proches, et aux médecins, les troubles dont elle souffre depuis cette épreuve. Son texte  n’est pas destiné à l’origine à la publication. Ce n’est que récemment que Madeleine Chaumat s’est laissé convaincre de le divulguer.

Un oratorio à deux voix
« Le sujet du texte, à mon avis, et de notre création, c’est la torture, et l’impossibilité de l’oubli et du pardon. La guerre d’Algérie est le cadre, pas le sujet (d’autres lieux et d’autres guerres reviendraient en partie au même). Ceci dans un récit écrit vingt ans après les faits, et que nous jouons trente-cinq ans après encore. Écran du temps et de la mémoire. Le temps presque comme tangible.Notre spectacle est un oratorio à deux voix (dédoublement parallèle à celui raconté dans le texte) dont l’objectif est de tenter de dire l’indicible.
Les deux comédiens, « Elle » et « Lui » sont comme deux instruments de musique. Ils rendent compte de la même histoire, sur des tempos parallèles et qui ne se rencontrent pas. Et ils  ne communiquent pas entre eux.Elle porte les émotions, y compris paroxystiques, revécues par l’auteur dans son texte, ceci en s’appuyant sur la chorégraphie minimaliste mais très présente d’Audrey Nion. Sans réalisme. Ni adresse au public à proprement parler (elle le traverse). Lui est le porteur des faits, d’une certaine rationalité, également présents dans le texte. Il s’exprime comme pour lui-même. Et pour lui-même, il énonce, constate, sans émotion. C’est l’huissier dépassionné de la vérité et même des douleurs. Il est le regard de la mémoire. »
Claude Défard, metteur en scène


Spectacle créé à Lyon du 7 au 11 octobre 2015 au moment de la publicaion du texte aux Editions La rumeur libre

DOSSIER L_Alg_rie__le_soleil_et_l_obscur

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23 octobre 2015

DES INCONNUS CHEZ MOI

Des Tirailleurs sénégalais chez Lucie Cousturier

Mise en scène Magali Berruet. Adaptation Claude Défard. Avec : Raymonde Palcy, Aude Pellizzoni et Joël Toussaint. Lumière Jord Le Dortz. Costumes Marie-Pierre Morel-Lab. Avec le label de la Mission du Centenaire de la Première Guerre mondiale

Théâtre des Marronniers à Lyon du 13 au 23 novembre 2014  - Guyane (Scène conventionnée de Macouria le 12 mars 2015, Mana le 13 mars, Kourou le 17 mars)

Joel NB et rouge léger

 
Dans  Des Inconnus chez moi  (1920) Lucie Cousturier raconte  « sa »   Grande Guerre : comment, au mépris des conventions, elle reçoit chez elle les tirailleurs sénégalais du camp militaire voisin. Comment elle devient leur prof de français improvisée, puis leur amie. Sans son témoignage, le quotidien des soldats africains de1916, en majorité illettrés, serait resté inconnu. En plein triomphe de l’impérialisme et du militarisme,  elle conteste  guerre et colonisation. Pourquoi pareille audace chez cette apolitique, artiste peintre de la  « meilleure » bourgeoisie ?  La mise en scène de Magali Berruet se place résolument dans les  Années folles, où résonnent le swing et le blues. Pris entre un conflit  meurtrier et un fougueux élan de vie, trois artistes de music-hall vivent, chantent et dansent la rencontre  de l’artiste et des tirailleurs.

Des Inconnus chez moi


 

VOIR DES EXTRAITS DU SPECTACLE : https://vimeo.com/113685326

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........LIRE LE DOSSIER  Des_Inconnus_chez_moi

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20 octobre 2015

NEUF AFFICHES témoins de huit spectacles

_a_t_apprendraPetite_N_gresseLe_SasesclavesDemaincomplicit_srevanche_des_pissenlits.....Hilda.

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Jazz

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19 octobre 2015

PETITE NEGRESSE DE L'ILE SAINT-PIERRE

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texte basé sur le récit d'enfance réel d'une "négropolitaine"

de Claude Défard

Avec Marcelle Basso, Robbas Biassi Biassi et  Raymonde Palcy

Mise en scène Claude Défard assisté de Magali Berruet
Lumière Jord Le Dortz
Musiques Robbas Biassi Biassi
Costumes : Marylène Richard
Avec l’aide de l’ADAMI et du FASILD

1955 : banlieue déhéritée ou banlieue paradis ?

Cela se passe… quelque part entre 1955 et 1960. "L’Île Saint-Pierre" accueille pêle-mêle  tous les exils. Des Martiniquais qui croient à l’école publique et aux zombis ; des Arméniens penchés sur leur machine à coudre pour oublier les massacres ; des repris de justice qui tiennent souvent le haut du trottoir .. Et les bougnats, les auvergnats, qui épousent parfois le voisin noir comme charbon ; De leur union naîtra une petite négresse. Des années plus tard, elle raconte un monde en marge, certes… qui fonctionne sur des codes sévères, c’est vrai… Mais un monde sur lequel règne aussi une paradoxale harmonie, qui pourrait ressembler à une forme de bonheur aujourd’hui oublié. L’Île Saint-Pierre a existé : pas un paradis , par certains côtés un bout du monde déshérité. Bref, une banlieue. Ses habitants ont servi, non sans quelque liberté, de modèles aux personnages de la pièce. Certains existent encore aujourd’hui. D’autres sont morts ;  mais trois saltimbanques comédiens musiciens les font tous vivre au présent, dans un monde drôle, dur et parfois tendre que la mémoire vient enchanter.
                                                                                                                            
L'auteur : "j'emprunte une autobiographie de banlieue à trois voix !

" "Petite Négresse de l’île Saint-Pierre est en partie fiction, en partie témoignage, j’ignore dans quelle proportion. J’ai écrit à partir des souvenirs d’enfance que m’a racontés, parvenue à l’âge adulte, une native de « l’île ». Ces récits se sont égrainés sur plusieurs années, par bribes. J’ai conservé le lieu, les personnages et des atmosphères qui m’avaient frappé.J’ai surtout suivi la trace, paradoxalement heureuse, laissée en moi par des souvenirs de l’île Saint-Pierre, qui ne m’appartiennent pas…J'ai créé trois personnages qui sont chacun une manière possible de racanter cette histoire.  De cette rencontre  et de ces durées conjuguées naît peut-être une autre forme de réalité : cette étrange alchimie qui vient parfois transformer la grisaille en merveilleux. "Claude Défard

 

programmations

Création : 10 au 28 novembre 2004 au théâtre des Marronniers à Lyon,

puis : Festival des écritures, à Alfortville, Festival « Images et paroles à Aubenas,  Théâtre des Halles à Avignon,  Théâtre de Fort-de-France - Martinique

"PETITE NEGRESSE" ET LA PRESSE

Le Figaro 19 nov 2004  Ils sont trois. Elle, qui revit sous nos yeux son histoire. Essentiellement son enfance à l'île Saint-Pierre qui n'a d'île que le nom. Une banlieue défavorisée, dirait-on à présent sans poésie aucune. Elle, elle a la poésie de l'en­fance et des souvenirs qui reviennent par bouffées, dans un beau désordre. Elle est émouvante, drôle, attachante. Elle est dans le présent de son récit. Autour d'elle et de sa grand-mère, c'est un modeste mais si humain petit monde qui prend vie. C'est aussi un moment d'histoire coloré comme un livre d'images. II y a l'Autre. Une huma­nité teintée de moquerie et de fatalisme. Elle est à la fois dans l'histoire et à côté. Elle est celle qui cherche la vérité, remet de l'ordre, ramène au sujet, fait avancer l'histoire, place les événements en perspective. Et il y a le Griot, ses mots et sa musique. II est là pour chanter les temps forts, les personnages glorieux. Pour faire geste et légende. Un travail difficile. Comment arriver à quelque chose avec ces souvenirs-là, pas le moindre guerrier dans ce monde de femmes, dans cet univers de petite fille. n très joli univers que Claude Défard dit avoir construit à partir de propos entendus, de souvenirs écoutés. Sa qualité essentielle est de porter l'universel en lui. Le titre ne le laisserait pas supposer a priori. Or cette petite négresse, qui apprend sa négritude par hasard dans le regard de l'autre, qui affirme une identité particulière, des racines, une histoire héritée, ne s'enferme pas du tout dans un particularisme. Si d'autres veulent l'enfermer dans sa peau, elle, elle accueille le monde d'un regard ouvert, curieux et intelligent.(…)

Ekodafrik N° 82  Le public a réservé une véritable ovation à ce spectacle, et pour cause... Comment résister à cet amour fou d'une petite fille pour sa grand-mère, que dis-je, d'une petite princesse omnipotente pour une reine do­tée de tous les pouvoirs, en particulier celui d'aimer. Délices de l'enfance qui a la fa­culté de transformer une citrouille en car­rosse, une cahute en palais, une grise ban­lieue parisienne en une île aux consonan­ces exotiques... On jalouse cette petite princesse qui faute de chewing-gum mâ­chonne des épis de blé...  Et toutes ces familles venues d'ici et d'ailleurs... Les Arméniens, tellement mystérieux; les an­ciens repris de justice . Aujourd'hui à l'école la princesse a appris qu'elle était aussi une négresse... Et bien vite, elle com­prend que lorsqu'on est une négresse l'on n'a pas droit à l'erreur.  Le public se délecte de ce récit d'en­fance, fantasque et réaliste à la fois. Enfin, il y a ce moment de grâce suspendue où la petite, négresse de l'île Saint-Pierre devenue femme se lève et dit «  Je »... On se tait, on écoute, on se demande, naïf à notre tour, mais alors, tout cela, c'était vrai? C'était bien vous?... N'était-ce pas aussi un peu chacun d'entre-nous?

et aussi   POLITIS 21 octobre 2004 :La compagnie La Poursuite porte au théâtre des littératures contemporaines qu’elle aime et veut faire partager. Des textes qui par leur contenue et leur forme questionnent la société : paroles de détenus, d’enfants, d’esclaves, de marginaux. Une réflexion sur le racisme et la condition des Noirs.( Emery  Taisne) CITE BLACK Lundi 18 octobre 2004 :Sur la carte que nous avons appris tous à l'école, l'Europe est au centre, donc très grosse, l'Afrique  en bas à droite, donc toute petite.  Un géographe, je crois qu'il s'appelle Peters, a dessiné une autre projection : l'Afrique au centre, donc plus grosse, l'Europe au coin, donc petite... Je pense que nous, nous faisons le même travail de changement de perspective en plaçant les cultures "du sud" au centre de  nos préoccupations: on les remet à leur taille !(propos recueillis par HN) LYON POCHE  17 novembre 2004: C’est de ce nulle part multiracial, de cette terre de relégation située entre Seine, Marne et gazomètres, où tous revendiquaient l’exotisme de leurs origines, que chacun se souvient aujourd’hui comme d’un cloaque, ou comme d’une île magnifique… BULLE DE GONES  novembre 2004 : Petite Négresse de l'île Saint-Pierre : dans les années 55/60, l'île Saint-Pierre accueille tous les exilés : des Martiniquais, des Arméniens, des repris de justice et des bougnats, ces Auvergnats qui épousent parfois une fille de l'île. De leur union naî­tra une petite négresse qui se raconte aujourd'hui. Claude Défard a écrit le texte, mi-fiction mi-témoi­gnage, à partir des souvenirs d'enfance d'une native de l'île. Une drôle d'alchimie qui transforme la grisaille en merveilleux.Mention spéciale pour Robbas Biassi Biassi, comé­dien-musicien zaïrois et Raymonde Palcy, lointaine fille d'Afrique originaire de Martinique, qui donnent vie aux textes des deux pièces.AMINA  decembre 2004 (Propos recueillis par Camille Vieux-Fort) :Cette pièce dévoile beau­coup d'aspects de ma vie. Nous avons eu l'occasion d'en faire une première lecture au festival d'acteurs de Tours en mai dernier. Ensuite, il y a eu une discussion avec le public. Certaines personnes ont été émues, d'autres ont ri et à la fin beaucoup se sont mis à raconter leurs propres histoires. "La petite négresse", c'est aussi l'histoire d'une grand-mère et des rapports qu'elle entretient avec sa petite-fille. Cet échange a été très fort . Finalement, parce que c'est l'histoire d'êtres humains, elle est uni­verselle !

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18 octobre 2015

C'EST PAS PéTITE AFFAIRE

c_est_pashuit romanciers africains d'aujourd'hui rient noir

Crée au théâtre des Marronniers à Lyon et à la Maison du Peuple de Pierre Bénite ( 69) en 2004 Avec l’aide de l’ADAMI et du FASILD

Avec Robbas Biassi Biassi et  Raymonde Palcy

Adaptation et mise en scène Claude Défard assisté de Magali Berruet
Lumière Jord Le Dortz
Musiques Robbas Biassi Biassi
Textes de Tierno Monénembo, Emmanuel Dongala,  Patrice Nganang , Ken Saro-Wiwa, Ahmadou Kourouma , Pepetela, A Wabéri, Lye M Yoka - textes chantés Claude Défard et Robbas Biassi Biassi

Une Afrique des villes, et des enfants

Pas de masque, pas de conte, pas de boubous, pas de griot. Nous sommes dans une Afrique citadine d’aujourd’hui. D’Abidjan à Djibouti en passant par Luanda domine la voix de l’enfant aux multiples visages : enfant soldat, enfant guide, enfant juge et observateur aussi…La musique, ce n’est pas toujours la percussion attendue ; le jazz parfois débarque pour revisiter ses propres origines. Il y a aussi un chien, qui sait tout des coucheries et des petits arrangements des quartiers de la capitale… Il y a des mystères comme l’effondrement soudain d’immeubles flambant neufs… Et des envahisseurs extraterrestres qui finissent par devenir sacrément encombrants… Sur scène deux comédiens : Robbas Biassi Biassi, un Zairois qui est aussi musicien ; Raymonde Palcy, « africaine » de la dispora puisque Martiniquaise. Et de la musique : saxophone, sanza et lokolé…Des guerres, bien sûr, guerres civiles, guerres sournoises, guerres sanglantes… mais il y a aussi ceux qui préfèrent le plaisir, celui du khat ou du vin de palme. D’Abidjan à Djibouti en passant par Luanda et par Yaounde résonne le rire de six romanciers africains d’aujourd’hui, six satiristes de leur société…Un rire communicatif mais noir.

les auteurs

Tierno Monénembo : Né en 1947 en Guinée francophone, il a dû fuir son pays à l’âge de vingt ans et vit actuellement à Caen. * L'Aîné des orphelins" ( Le Seuil) Emmanuel Dongala : Né en 1941 en R.P. du Congo, francophone…De père congolais et de mère centrafricaine, il estaujourd'hui professeur de chimie dans le Massachusetts et professeur de littérature africaine francophone dans l'état de New-York. * Jazz et vin de palme "( Serpent à plumes) Patrice Nganang : Né au Cameroun en 1970, francophone…II s'est installé en 2000 aux Etats-Unis où il enseigne les langues et les littératures française, francophone et allemande. * Temps de chien 2001"(le Serpent à Plumes) Prix Marguerite Yourcenar en 2001 et Grand Prix de l'Afrique Noire en 2003  Ken Saro-Wiwa : Ecrivain, président de l'Association des écrivains nigérians, il avait fondé en 1990 sa propre maison d'édition. II était président du Mouvement pour la survie du peuple ogoni qui lutte contre les ravages écologiques et économiques infligés par les compagnies pétrolières. Son discours ne plaisait pas aux dirigeants nigérians. Accusé de meurtre il a été condamné par un tribunal d'exception à la suite d'une mascarade de procès. II a été pendu en novembre 1995.   *Sozaboy 1998' (Actes Sud) Ahmadou Kourouma : Né en 1927 en Côte d'Ivoire, francophone, mort à Lyon en 2003…Publie son premier roman en 1968, Les Soleils des indépendances, qui marque un tournant dans la création littéraire francophone. Très vite, le roman devient une référence pour bon nombre d'écrivains africains.Mais, en disgrâce avec le pouvoir ivoirien pour en avoir dénoncé les errements, il ne peut pas poursuivre immédiatement sa carrière littéraire et ce n'est que 20 ans plus tard qu'il publiera son second roman, Monnè, outrages et défls.. II obtient en 1999 le Prix du Livre Inter pour En attendant "Le Vote des bêtes sauvages".       * Allah  n’est pas obligé" (Le Seuil) Pepetela : Né en 1941 en Angola, lusophone…Dès 1960, il participe à la guerre d'indépendance avec le Mouvement populaire pour la libération de l'Angola. A l'issue de celle-ci, en 1975, il est nommé ministre de l'Education. Il a écrit une dizaine de livres publiés en Angleterre, Italie, Espagne et Pays-Bas. * L’Esprit des eaux" (Actes Sud) Abdourahman Waberi : Né en 1965 à Djibouti. Waberi  raconte son pays dont l'histoire récente n'est consignée nulle part, du fait de la censure nationale et de l'indifférence internationale. Son pays, c’est selon le titre d’un de ses ouvrages un " Pays sans ombre" (Le Serpent à plumes). Lye M Yoka : est né à Kinshasa en 1947. Il a été directeur artistique du théâtre national du Zaïre. Ses "Lettres d'un Kinois à l'oncle du village" * ( L'Harmattan) ont d'abord paru dans la presse.

PRESSE

EKODAFRIK   N° 82 du 28 janvier 2005  « C'est grande affaire !  Un fil conducteur : le récit d'enfant; une ligne rouge: la guerre. Robbas Biassi Biassi et Raymonde Palcy endossent tour à tour le rôle de l'enfant­ griot qui dit, confesse, raconte, ment aussi parfois...Sur scène, un univers volontairement dé­pouillé, Pas de statuette ni de masque afri­cain, pas de boubous ni de gris-gris... Haro sur les clichés d'une Afrique villageoise peuplée de vieux sages palabrant avec indolence au pied du baobab. L'Afrique d'aujourd'hui a des buildings qui s'écrou­lent sous le fracas des kalachnikovs (... ) Il y a ces enfants soldats, bar­dés d'armes, cigarettes aux lèvres qui sans ambages ra­content qu'ils ont tué, massa­cré. Il y a ceux qui assistent impuissants à la petite mort annoncée d'un peuple rongé par le khat, cette herbe que l'on mâche à longueur de journée; elle immunise contre la faim, la peur... la conscience. Rele­vons à ce propos le jeu de Raymonde Palcy qui d'une voix métalli­que, atone, sans âme, dit l'inhi­bition conférée par cette dro­gue (…)Mais que l'on ne s'y trompe pas, le rire est très souvent au rendez-vous tant par le français-petit nègre cher à bien des auteurs africains contemporains qu'à des situations on ne peut plus incongrues et hilarantes. On rit, noir, jaune aussi.. Robbas Biassi Biassi saxophone en bouche et sanza à la main marque le passage d'un texte à l'autre accompagné d'une petite chanson, légère et douce  mais à bien y écouter non dénuée de gravité... » Noémie Grataloup

 

Politis 21 octobre 2004  :   « La compagnie La Poursuite porte au théâtre des littératures contemporaines qu’elle aime et veut faire partager. Des textes qui par leur contenue et leur forme questionnent la société : paroles de détenus, d’enfants, d’esclaves, de marginaux. Une réflexion sur le racisme et la condition des Noirs » Emery  Taisne   

Cité Black Lundi 18 octobre  2004  :  « …Sur la carte que nous avons appris tous à l'école, l'Europe est au centre, donc très grosse, l'Afrique  en bas à droite, donc toute petite.  Un géographe, je crois qu'il s'appelle s'appelle Peters, a dessiné une autre projection : l'Afrique au centre, donc plus grosse, l'Europe au coin, donc petite... Je pense que nous, nous faisons le même travail de changement de perspective en plaçant les cultures "du sud" au centre de  nos préoccupations: on les remet à leur taille !…(propos recueillis par H N)

Amina Décembre 2004 : "Une pièce à deux comédiens montée par Claude Défard, à partir de huit extraits de romanciers africains contemporains et de romanciers francophones, anglophones et hexophones… Un spectacle  pour mon­trer que l'Afrique n'est pas un pays mais un continent. … des cultures…"

Bulle de gones novembre 2004 : « Claude Défard a mis en scène une Afrique des villes et des pays qui rient noir, à la fois réelle et imaginaire avec en filigrane l’importance de l’enfance… »

Lyon Poche 17 novembre 2004…C'est pas pétite affaire porte un regard noir et rigolard sur l’Afrique d’aujourd’hui avec une ironie d’autant plus mordante que ce sont des personnages d’enfant qui la portent. Tout se se passe ici en ville dans un incroyable chaos de trottoirs surpeuplés à mille lieues de la brousse…

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21 octobre 2013

OURIKA, de GOREE AU PAYS DES LUMIERES

 Spectacle créé en avril 2010 avec l'aide du Ministère de la Culture, de l'ACSE et de la Ville de Lyon. Une coproduction MDP de Pierre-Bénite

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Mise en scène Claude Défard, Avec Anouk Mialaret, Jean-Marie Belmont, Raymonde Palcy, Marie-Angèle Moreno.Texte : Claude Défard  d’après Madame de Duras ( Ourika ) Le Chevalier de Boufflers (Correspondance), les Correspondances et Mémoires des  contemporains.Son Eric Dupré, Scénographie et Lumières Hervé Fogeron, Marionnettes Marie-Angèle Moreno et Jocelyne Durand, Conseil Aude Pelizzoni et Jocelyne Durand, Costumes Marylène Richard

Echos

 Voici treize ans que la Compagnie La Poursuite explore les récits de femmes »  Amina - 480 – 2010 « Ourika, tragédie du racisme ordinaire… Une pièce qui incite à une réflexion salutaire » Le Progrès de Lyon  Progrèscope mai 2010 « Un spectacle sur l’esclavage qui mêle danse, marionnettes et théâtre » Le Progrès de Lyon 11 août 2010 « Un rôle tenu avec brio par Raymonde Palcy »  France Guyane 18 juin 2010 « Le double langage des sociétés qui se disent éclairées »  Lyon Citoyen avril 2010« Ce n’est pas un conte de fée: deux cents personnes parquées en attendant de franchir la porte du non retour… » La  République du Centre 30 avril 2010 « Un beau succès pour Ourika au Puits Manu »  La République du Centre 4 mai 2010 « Du vrai théâtre au sens noble du terme, au service d'un sujet dont les résonances actuelles interpellent »Gilda Hobert Tout le Monde dehors  août 2010

 Synopsis

«Ourika de Gorée au pays des Lumières »...C’est l’histoire vraie d’Ourika, esclave sénégalaise de deux ans. Et du Chevalier de Boufflers, gouverneur de l’Etablissement français du Sénégal. C’est en 1787. Le Chevalier « offre » la petite africaine à sa tante, la Princesse de Beauvau (à d’autres amis il fait cadeau de singes et de perruches). La princesse élève Ourika comme une aristocrate. L’enfant, pas tout à fait française, et plus du tout sénégalaise, devient bientôt la coqueluche des salons huppés. Un conte de fée ? Pas tout à fait : l’Africaine belle comme la nuit tombe amoureuse du jeune prince, et rien ne va plus … Quant au Chevalier de Boufflers, cet encyclopédiste épris de liberté se charge d’organiser pour la Couronne de France… le trafic d’esclaves !Deux comédiennes, deux danseurs et trois marionnettes à taille humaine interrogent cette histoire : que nous dit-elle de nous aujourd’hui ? et du double langage cher aux sociétés qui se disent héritières des Lumières ?

 Salle Garcin, lyon ; Théâtre de Beaugency ;  Maison du Peuple de Pierre-Bénite ;  Cayenne, Festival Marronages ;Lyon, festival Tout le Monde dehors ;  Festival L'Estival de la Bâtie, La Bâtie d'Urfé...

 

Dossier  http://poursuitebourgon.canalblog.com 



 

 

 

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11 septembre 2011

Pour "un métissage généralisé des oeuvres et des interprètes" : deux interviews de Raymonde Palcy

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Cité Black 18 0ctobre 2004

  Pouvez-vous nous présenter "Villes black, rires noirs", pourquoi un tel titre?

  Aucun titre n'est tout à fait innocent, c'est sûr. Il traduit des expériences, parfois des agacements personnels. Par exemple, quand on est comédienne et noire, on se voit sans arrêt demander : pourriez-vous me "faire" des contes africains.. Ceci même si l'on n'est pas africaine... et même si l'on n'est pas conteuse! Car conteur, c'est un autre art, que j'admire du reste, mais que je n'ai jamais appris. Alors, à la longue, il y a comme une lassitude que "black" soit toujours synonyme de "conte", d'animaux, de tradition... Or la saison dernière, j'ai fait avec Robbas Biassi Biassi un travail pour une association de médiathèques sur le roman africain. Cela m'a amenée à lire et relire beaucoup d'auteurs récents. J'ai été frappée par leur maîtrise du récit, de la satire sociale et politique, et par leur façon de rire du pire pour le transformer. D'où le "rire noir" du titre.Et puis aussi j'ai aimé un univers qui n'a rien à voir avec les tortues, les rois lions, la jungle... Non, dans notre spectacle, c'est plutôt le bitume, les enfants soldats, les grandes cités... Voilà, "rires blacks". C'était aussi une façon de dire "oui, on va vous parler de l'Afrique à notre façon : ni le SIDA et la famine des magazines, ni les contes merveilleux de la brousse... Une autre Afrique."

  Parlez-nous aussi de " c'est pas pétite affaire" et "petite négresse de l'île Saint-Pierre". A qui s'adresse ces spectacles ?

  A tout le monde j'espère! Enfin pour moi, un spectacle réussi parle aux spectateurs de tous âges, de toute origine. Peut-être les blacks seront-ils sur-représentés au théâtre des Marronniers, par rapport au public du reste de la programmation ? On verra. Mais dans le travail, je ne pense pas à telle ou telle catégorie de public. Il s'agit de vivre des situations, des émotions ... de parvenir à les transmettre et à les faire partager... et aussi de servir une langue, qui est souvent ici très belle et très âpre. Parfois, après les représentations, les spectateurs me demandent si j'ai vraiment vécu personnellement quelque chose de proche de ce qui est joué. Selon le spectacle, on vous interroge : "Avez-vous vraiment fait de la prison... Pensez-vous à une guerre que vous avez traversée vous même ?" La plupart du temps, non ! Le comédien a seulement exprimé au plus près l'émotion portée dans le texte. Peut-être n'aurait-il pas pu le jouer d'ailleurs si c'était son histoire d'un peu trop près? Mais ces questions sont un beau compliment.

  Vous partagez la scène avec un autre artiste congolais, comment vous êtes-vous rencontrés?

  Robbas Biassi Biassi, je l'ai rencontré en 96 à Lyon. Nous avons joué ensemble dans un spectacle que j'ai coproduit :"Paroles d'esclaves". Tout un programme, non ? Il s'agissait d'interviews des derniers esclaves vivant aux USA, interrogés alors qu'ils étaient très vieux. J'ai aussi joué avec Robbas dans "Le Black Note", de Tanguy Viel, l'histoire d'un blanc qui aime tellement le jazz qu'il finit par se croire noir.

  Il est Africain, vous êtes Antillaise, vous jouez ensemble des oeuvres afros à Lyon, c'est tout un symbole?

  C'est plutôt une réalité.Comme tout le reste du pays, Lyon est un pays mêlé... donc l'occasion de faire découvrir des horizons divers, des cultures diverses. Et puis, Antillais ou Africain aussi, c'est une réalité, puisque nous sommes issus du même continent, l'Afrique. Et nous partageons la scène avec Marcelle Basso : à première vue, on ne peut pas être plus "français-France" qu'elle ! or elle est fille d'Italien, une autre diaspora.

  Quelle est selon vous la place de la culture noire aujourd'hui?

  Il me semble que la musique occupe la plus grande place.. puis la danse, puis la littérature, puis le théâtre... Et par intermittence les arts plastiques. Plus l'énumération avance, plus on tombe dans les clichés. La diversité de la musique, encore, est à peu près reconnue. Mais déjà avec la danse, on dérive souvent vers le folklore, on voit essentiellement les danses traditionnelles. on ignore trop souvent le travail des chorégraphes contemporains, qui puisent leur sources dans la tradition pour la dépasser. Pour la littérature, je vous ai déjà dit ma lassitude sur le conte systématique. Même chose au théâtre, souvent. Pourtant, depuis quelques années, plusieurs éditeurs français font découvrir des oeuvres nombreuses, francophones et aussi d'autres en traduction. Sur ce point, le progrès est énorme.

  Comment réagissent les spectateurs de province face à vos spectacles?

  Nous créons "en province", comme on dit en France, mais nous avons joué un peu partout : Lyon, Paris et sa région, Martinique, Guadeloupe, Guyane, Réunion. Je ne constate pas de différence bien marquée Paris province... Plutôt des différences qui tiennent au vécu des spectateurs. En métropole, on commence dans un silence religieux à écouter ce qui est dit, ou joué, ou chanté. Les gens partent pour une autre planète. A la fin, ils se pressent pour nous demander les références des oeuvres, tout étonnés de les avoir ignorées si longtemps. En revanche, les spectateurs d'Outremer anticipent les situations et en rient d'avance... et à la fin, ils les commentent parce qu' elles leur sont familières... et en rient encore même si ce rire est parfois un peu noir.

Pour en revenir à vous Raymonde, est-ce que cela a été facile d'imposer votre jeu, vos envies dans le monde des arts et du spectacle? 

Facile... difficile..?  Tout comédien a un, ou plusieurs rôles, dont il rêve. Moi, c'était Phèdre, et aussi Médée. Mais j'étais trop noire. Après, des compagnies africaines ont monté ces pièces...mais j'étais café au lait... Bref, ce n'est pas simple. Dans"Petite Négresse de l'île Saint-Pierre", il y a justement une scène, un peu ironique, sur ce sujet, sur la comédienne non seulement noire, mais encore métisse ! et en plus qui ne parle pas créole.   C'est un peu autobiographique... heureusement en partie seulement. J'ai eu des metteurs en scène qui m'ont donné de très beau rôles, indépendamment de ma couleur.

  Trop souvent, les comédiens black parlent de la difficulté de trouver des rôles pour s'exprimer...  

Dans tout ce que l'on joue au théâtre, il s'agit toujours de l'humain, évidemment. Mais là, on change le point de vue, on remet notre culture à sa place juste. Cela me fait penser aux représentations géographiques du planisphère. La taille des continents dépend de la projection choisie. Dans la carte que nous avons appris tous à l'école, l'Europe est au centre, donc très grosse, l'Afrique  en bas à droite, donc toute petite.  Un géographe, je crois qu'il s'appelle Peters, a dessiné une autre projection : l'Afrique au centre, donc plus grosse, l'Europe au coin, donc petite... Je pense que nous, nous faisons le même travail de changement de perspective en plaçant les cultures "du sud" au centre de  nos préoccupations: on les remet à leur taille !

Mais en fait je ne suis pas tellement axée sur la problématique Blanc/Noir, mais plutôt sur celle d'un métissage généralisé des oeuvres et de l'interprétation. . J'aime que le public, et les comédiens sur le plateau, soient à l'image de cette diversité. Dans "Demain il fera beau", il y a deux ans, nous étions deux comédiennes, une Blanche, une Noire,  pour incarner une adolescente  petite bourgeoise catholique bien française des années quarante : aucun spectateur n'a été surpris. S'il n'y a pas plus de mélange dans les distributions au théâtre, la frilosité tient aux créateurs, pas au public ...

Amina N° 416

Parlez-nous de votre carrière théâtrale ...Vos rêves de comédienne correspondaient-ils alors à la réalité du métier ?

Pas vraiment. Au départ, je voulais être danseuse, mais, comme disait ma grand-mère, " Y a pas de Noirs à l'opéra !" Quand j'ai pu me payer mes propres cours de danse, il était trop tard pour que je m'exprime par la danse et j'ai choisi une autre façon de le faire : le théâtre. A la suite du "Sas", je suis tom­bée sur un livre, "Paroles d'esclaves", de James Mellon, une découverte extraordinaire du fait que la littérature de l'époque ne parlait pas de l'esclavage. Je l'ai feuilleté et j'y ai trouvé des témoignages recueillis par un Américain auprès des derniers esclaves vivants aux Etats-Unis et auprès de leurs anciens maîtres vivants. Ces histoires de vies m'ont vivement touchée. Je me suis alors mise à rechercher des informa­tions sur l'esclavage, en bibliothèque. Ima­ginez... Dans les années 90, il n'y avait rien sur l'esclavage au rayon français ! C'est là que je me suis dit qu'il fallait porter cette parole. En tant qu'être humain, la parole de l'esclave ne pouvait être unique, mais plutôt multiple. Je mettais alors en parallèle ce que je venais de jouer sur la prison. Ce qui fait qu'un homme reste un homme, et qui différencie l'homme de l'animal, même dans la plus grande douleur, qu'il s'agisse de détenus ou d'esclaves, c'est le rire, la parole et cela m'a beaucoup frappée.

Vous jouez le premier rôle de la pièce "Petite négresse de l'île Saint-Pierre"; qui est un peu votre histoire. Comment l'idée d'une telle mise en scène a-t-elle germé ?

Cette petite négresse de l'île Saint-Pierre, c'est en grande partie mon histoire. L'île Saint-Pierre était un quartier de la banlieue parisienne, plus particulièrement d'Alfortville. Comme dans toutes les familles, on aime à raconter notre enfance. Mon compagnon, qui a eu une enfan­ce très différente de la mienne, aimait nous entendre en parler et pensait qu'il fallait écrire nos histoires. A force de m'entendre parler de tout cela, il s'est mis à noter tout ce que je racontais. Au bout de plusieurs années - 4 ou 5 ans -, lors d'un voyage il s'est mis à écrire une pièce à partir de mes souvenirs d'enfance. II y a deux ans, il m'a montré ce qu'il avait écrit et j'ai éclaté en sanglots. II m'a demandé si d'une part je ne me sentais pas trahie et d'autre part d'annoter ce sur quoi je n'étais pas d'accord, tout en insistant sur le fait que cette pièce devait garder un ressort à la fois dramaturgique et cocasse. J'ai compris sa démarche et intégré que quand on met en scène une autobiogra­phie, il y a toujours une part de création artis­tique qui ne respecte pas forcément la vérité. II a raconté notre vie à travers trois personnages : une petite fille représentée par "Elle" , "L'au­tre", une habitante de l'île Saint-Pierre de la même génération, qui pose un oeil extérieur, et le griot-au-chômage, cet homme venu d'Afrique. C'est un peu ce qui se passe dans la vie, un même événement est raconté différem­ment par les personnes qui le vivent.

Est-il facile de revivre sur scène quelques  mor­ceaux choisis de sa vie ?

C'est la première fois que je le fais. Au départ, j'avais quelques appréhensions, mais dans la mesure où cette pièce est écrite avec trois per­sonnages, je ne joue pas Raymonde Palcy mais "Elle". II faut forcément dissocier les person­nages de soi. La petite négresse dans cette his­toire est très ludique. L’œil extérieur de Claude Défard me juge certainement mieux que je ne peux le faire moi-même. Tout en appartenant à une famille ballottée à droite comme à gauche, j'étais une gamine rieuse. J'avais toujours des mauvaises notes en classe parce que j'aimais rigoler ou bavarde. II a su sauvegarder le fond.

Aviez-vous des appréhensions quant au regard du public ?

Non. II est vrai que cette pièce dévoile beau­coup d'aspects de ma  vie. Nous avons eu l'occasion d'en faire une première lecture au festival d'acteurs de Tours en mai dernier. Ensuite, il y a eu une discussion avec le public. Certaines personnes ont été émues, d'autres ont ri et à la fin beaucoup se sont mis à raconter leurs propres histoires. "La petite négresse", c'est aussi l'histoire d'une grand-mère et des rapports qu'elle entretient avec sa petite-fille. Cet échange a été très fort. Finalement, parce que c'est l'histoire d'êtres humains, elle est uni­verselle !

La programmation théâtrale du mois de novembre est axée sur les Antilles ou l’ Afrique. Est-ce fortuit ?

Cette pièce fait partie d'un diptyque "Villes black, rires noirs" où l'on joue en alternance : "Petite négresse de l'île Saint-Pierre" puis le lendemain "C'est pas petite affaire", une pièce à deux comédiens montée par Claude Défard, à partir de huit extraits de romanciers africains contemporains et de romanciers francophones, anglophones et lusophones. On a eu envie de monter ce spectacle avec le premier pour mon­trer que l'Afrique n'est pas un pays mais un continent. II y a des contes, des romanciers, des cultures. (Camille Vieux-Fort)

http://www.blackvisions.com/amina/

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