photo_couleurs_presse

texte basé sur le récit d'enfance réel d'une "négropolitaine"

de Claude Défard

Avec Marcelle Basso, Robbas Biassi Biassi et  Raymonde Palcy

Mise en scène Claude Défard assisté de Magali Berruet
Lumière Jord Le Dortz
Musiques Robbas Biassi Biassi
Costumes : Marylène Richard
Avec l’aide de l’ADAMI et du FASILD

1955 : banlieue déhéritée ou banlieue paradis ?

Cela se passe… quelque part entre 1955 et 1960. "L’Île Saint-Pierre" accueille pêle-mêle  tous les exils. Des Martiniquais qui croient à l’école publique et aux zombis ; des Arméniens penchés sur leur machine à coudre pour oublier les massacres ; des repris de justice qui tiennent souvent le haut du trottoir .. Et les bougnats, les auvergnats, qui épousent parfois le voisin noir comme charbon ; De leur union naîtra une petite négresse. Des années plus tard, elle raconte un monde en marge, certes… qui fonctionne sur des codes sévères, c’est vrai… Mais un monde sur lequel règne aussi une paradoxale harmonie, qui pourrait ressembler à une forme de bonheur aujourd’hui oublié. L’Île Saint-Pierre a existé : pas un paradis , par certains côtés un bout du monde déshérité. Bref, une banlieue. Ses habitants ont servi, non sans quelque liberté, de modèles aux personnages de la pièce. Certains existent encore aujourd’hui. D’autres sont morts ;  mais trois saltimbanques comédiens musiciens les font tous vivre au présent, dans un monde drôle, dur et parfois tendre que la mémoire vient enchanter.
                                                                                                                            
L'auteur : "j'emprunte une autobiographie de banlieue à trois voix !

" "Petite Négresse de l’île Saint-Pierre est en partie fiction, en partie témoignage, j’ignore dans quelle proportion. J’ai écrit à partir des souvenirs d’enfance que m’a racontés, parvenue à l’âge adulte, une native de « l’île ». Ces récits se sont égrainés sur plusieurs années, par bribes. J’ai conservé le lieu, les personnages et des atmosphères qui m’avaient frappé.J’ai surtout suivi la trace, paradoxalement heureuse, laissée en moi par des souvenirs de l’île Saint-Pierre, qui ne m’appartiennent pas…J'ai créé trois personnages qui sont chacun une manière possible de racanter cette histoire.  De cette rencontre  et de ces durées conjuguées naît peut-être une autre forme de réalité : cette étrange alchimie qui vient parfois transformer la grisaille en merveilleux. "Claude Défard

 

programmations

Création : 10 au 28 novembre 2004 au théâtre des Marronniers à Lyon,

puis : Festival des écritures, à Alfortville, Festival « Images et paroles à Aubenas,  Théâtre des Halles à Avignon,  Théâtre de Fort-de-France - Martinique

"PETITE NEGRESSE" ET LA PRESSE

Le Figaro 19 nov 2004  Ils sont trois. Elle, qui revit sous nos yeux son histoire. Essentiellement son enfance à l'île Saint-Pierre qui n'a d'île que le nom. Une banlieue défavorisée, dirait-on à présent sans poésie aucune. Elle, elle a la poésie de l'en­fance et des souvenirs qui reviennent par bouffées, dans un beau désordre. Elle est émouvante, drôle, attachante. Elle est dans le présent de son récit. Autour d'elle et de sa grand-mère, c'est un modeste mais si humain petit monde qui prend vie. C'est aussi un moment d'histoire coloré comme un livre d'images. II y a l'Autre. Une huma­nité teintée de moquerie et de fatalisme. Elle est à la fois dans l'histoire et à côté. Elle est celle qui cherche la vérité, remet de l'ordre, ramène au sujet, fait avancer l'histoire, place les événements en perspective. Et il y a le Griot, ses mots et sa musique. II est là pour chanter les temps forts, les personnages glorieux. Pour faire geste et légende. Un travail difficile. Comment arriver à quelque chose avec ces souvenirs-là, pas le moindre guerrier dans ce monde de femmes, dans cet univers de petite fille. n très joli univers que Claude Défard dit avoir construit à partir de propos entendus, de souvenirs écoutés. Sa qualité essentielle est de porter l'universel en lui. Le titre ne le laisserait pas supposer a priori. Or cette petite négresse, qui apprend sa négritude par hasard dans le regard de l'autre, qui affirme une identité particulière, des racines, une histoire héritée, ne s'enferme pas du tout dans un particularisme. Si d'autres veulent l'enfermer dans sa peau, elle, elle accueille le monde d'un regard ouvert, curieux et intelligent.(…)

Ekodafrik N° 82  Le public a réservé une véritable ovation à ce spectacle, et pour cause... Comment résister à cet amour fou d'une petite fille pour sa grand-mère, que dis-je, d'une petite princesse omnipotente pour une reine do­tée de tous les pouvoirs, en particulier celui d'aimer. Délices de l'enfance qui a la fa­culté de transformer une citrouille en car­rosse, une cahute en palais, une grise ban­lieue parisienne en une île aux consonan­ces exotiques... On jalouse cette petite princesse qui faute de chewing-gum mâ­chonne des épis de blé...  Et toutes ces familles venues d'ici et d'ailleurs... Les Arméniens, tellement mystérieux; les an­ciens repris de justice . Aujourd'hui à l'école la princesse a appris qu'elle était aussi une négresse... Et bien vite, elle com­prend que lorsqu'on est une négresse l'on n'a pas droit à l'erreur.  Le public se délecte de ce récit d'en­fance, fantasque et réaliste à la fois. Enfin, il y a ce moment de grâce suspendue où la petite, négresse de l'île Saint-Pierre devenue femme se lève et dit «  Je »... On se tait, on écoute, on se demande, naïf à notre tour, mais alors, tout cela, c'était vrai? C'était bien vous?... N'était-ce pas aussi un peu chacun d'entre-nous?

et aussi   POLITIS 21 octobre 2004 :La compagnie La Poursuite porte au théâtre des littératures contemporaines qu’elle aime et veut faire partager. Des textes qui par leur contenue et leur forme questionnent la société : paroles de détenus, d’enfants, d’esclaves, de marginaux. Une réflexion sur le racisme et la condition des Noirs.( Emery  Taisne) CITE BLACK Lundi 18 octobre 2004 :Sur la carte que nous avons appris tous à l'école, l'Europe est au centre, donc très grosse, l'Afrique  en bas à droite, donc toute petite.  Un géographe, je crois qu'il s'appelle Peters, a dessiné une autre projection : l'Afrique au centre, donc plus grosse, l'Europe au coin, donc petite... Je pense que nous, nous faisons le même travail de changement de perspective en plaçant les cultures "du sud" au centre de  nos préoccupations: on les remet à leur taille !(propos recueillis par HN) LYON POCHE  17 novembre 2004: C’est de ce nulle part multiracial, de cette terre de relégation située entre Seine, Marne et gazomètres, où tous revendiquaient l’exotisme de leurs origines, que chacun se souvient aujourd’hui comme d’un cloaque, ou comme d’une île magnifique… BULLE DE GONES  novembre 2004 : Petite Négresse de l'île Saint-Pierre : dans les années 55/60, l'île Saint-Pierre accueille tous les exilés : des Martiniquais, des Arméniens, des repris de justice et des bougnats, ces Auvergnats qui épousent parfois une fille de l'île. De leur union naî­tra une petite négresse qui se raconte aujourd'hui. Claude Défard a écrit le texte, mi-fiction mi-témoi­gnage, à partir des souvenirs d'enfance d'une native de l'île. Une drôle d'alchimie qui transforme la grisaille en merveilleux.Mention spéciale pour Robbas Biassi Biassi, comé­dien-musicien zaïrois et Raymonde Palcy, lointaine fille d'Afrique originaire de Martinique, qui donnent vie aux textes des deux pièces.AMINA  decembre 2004 (Propos recueillis par Camille Vieux-Fort) :Cette pièce dévoile beau­coup d'aspects de ma vie. Nous avons eu l'occasion d'en faire une première lecture au festival d'acteurs de Tours en mai dernier. Ensuite, il y a eu une discussion avec le public. Certaines personnes ont été émues, d'autres ont ri et à la fin beaucoup se sont mis à raconter leurs propres histoires. "La petite négresse", c'est aussi l'histoire d'une grand-mère et des rapports qu'elle entretient avec sa petite-fille. Cet échange a été très fort . Finalement, parce que c'est l'histoire d'êtres humains, elle est uni­verselle !

.
.
.
.
.
.
.
.
 

 

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

....................................

......................

..................

................

..................

................

................

................

...............

..................

.................

..................

.................

.....................

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

..

..

.

.

.

.

.

.

.

.